Mais y a qui dans mon chien ?? (Djean à la baille, part I)

À maman, le 17 avril 2009

Objet : Mais y a qui dans mon chien ?

Coucou Mutti,

Juste un petit mot pour pas que tu t’inquiètes. Je bosse comme une folle et je suis grave à la bourre. C’est l’angoisse….. du temps qui passe….. J’ai l’impression de me noyer dans un verre d’eau, d’être organisée comme une patate, et de manquer cruellement de confiance.
Mon Dieu. Quel mental compliqué je me trimbale. C’est vraiment pas une sinécure. Mais j’imagine que ça doit être pour tout le monde pareil. De toutes façons, c’est comme ça.

Djean, lui, va hyper bien. Il devient bien gros et il a déjà une sacrée force.

J’ai été obligée de me durcir un peu parce qu’il commençait carrément à raisonner avec moi. Je te dis pas. Il m’engueule quand je l’engueule.

Bref, j’ai sévi, et je lui ai montré que moi aussi, je pouvais jouer les Dominators !! (En vérité, c’était pas si facile, heureusement qu’il en sait rien. Quoique…..)

Toujours est-il qu’il a bouffé mes lunettes. Les deux paires. Je lui ai ôté la première de la bouche, en mille morceaux. Je ne trouve pas la deuxième. J’ai juste récupéré un tout petit morceau de branche dans sa gueule. Je t’avoue que j’ai flippé un peu, mais finalement, il semblerait qu’il digère les lunettes très très bien. (Beaucoup mieux que les trucs qu’il a piqué dans la cuisine d’un resto hier soir et qui l’ont fait vomir jusqu’à deux heures du matin). Enfin passons….

Nous avons passé le week-end de Pâques chez mes amis Hervé et Charlotte à la campagne. Djean était complètement HEU-REUX et donc, mignon comme une crème.

Là-bas, je me suis fait traiter de petite-vieille-complètement-à-côté-de-la-plaque par Hervé parce que je parle à mon chien. Ok. J’assume.

N’empêche que quand je lui chante « je t’aime avec de l’amour / je t’ai-me t’ai-me pour toujours », soit on est dans la rue et il se met à marcher au pied, soit on est dans la maison et il me fait un bisou – ça marche à tous les coups.

Je leur ai fait la démonstration, et tout le monde était plié. Moi, j’étais bien fière et très reconnaissante à mon chien d’avoir cloué le bec à Hervé.

De retour à Toulouse, nous sommes allés dîner chez Véra. Djean est tombé dans la piscine en courant avec Pépito (le chien des voisins). C’est la deuxième fois qu’il tombe à l’eau !!!

La première fois, c’était dans le lac de Balma. On avait une séance d’obéissance avec les grands chiens. Ils sont partis en meute s’amuser, et puis Djean qui veut toujours faire le boss s’est pris un grand coup de cul qui l’a envoyé à la baille direct. Tout le monde était mort de rire. Moi, je me disais « quand y a une connerie, t’es sûre que c’est pour lui ! C’est vraiment une BD ce chien !  »

Mais l’autre soir, la piscine était presque vide. Il restait juste un fond d’eau. Suffisant pour qu’il ne se casse pas en douze, mais il a fait une belle chute quand même. Et puis l’eau était croupie, elle puait la vase toute miasmée.

Je suis allée le repêcher – c’était la nuit, ça caillait, il pleuvait, et j’avais de l’eau jusqu’aux mollets emoticone – et à peine sorti de cette saloprie de piscine, le voilà qui repart comme un taré derrière Pepito qui semblait trouver ça très très chouette d’avoir un nouveau copain complètement turne.

Ils sont partis balle à l’autre bout du parc et j’ai ramé 10 minutes pour remettre la main dessus…. Je te dis pas la colère que j’ai piquée emoticone.

Je l’ai ramené dans mes bras (presque 20 kilos quand même) dans le noir – évidemment, je me suis paumée dans les arbres et j’ai pris leurs branches dans la figure et dans les cheveux, toujours avec Djean dans les bras, puant et dégoulinant, se tordant comme un ver pour sniffer tant qu’il pouvait du côté de Pépito, et moi qui commençait à regretter velu velu mes milliards de clopes englouties – enfin, je l’ai ramené dans mes bras et puis on la séché avec Véra.

Elle a sorti un vieux peignoir et lui a enfilé les pattes dedans, histoire, m’a-t-elle dit, qu’il s’en rappelle ! Il était dégoûté, nous on était pliées (mais je ne l’ai pas montré car je devais me fâcher).

Ensuite, donc, je me suis fâchée, je l’ai envoyé coucher « à sa place » et j’ai vu que j’avais gagné une belle autorité (Ok Ok, t’as le droit de rire …. ) Du coup, ça m’a fait une bonne occasion pour travailler le « Reste » (pas bouger).

Ce n’est que quand il a été bien tranquille sous sa table que j’ai réalisé qu’il aurait pu se tuer ou se faire je ne sais quelle fracture. J’en étais toute retournée. Bref, tout va bien, mais il faut vraiment que j’active sur les rappels. Cela dit, comment veux-tu lutter avec Pepito ??

Voilà ce qu’il en est des dernières aventures de Djean. Et après ça, Monsieur joue les princesses délicates devant l’objectif…. Non mais j’te jure !!!

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C’est à se demander s’il n’a pas fait de carrière politique dans sa vie antérieure….. (Djean à la baille Part II)



Les professionnels de la santé tabacophobes : pires que la came !

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http://amelieplourde.com/

À maman, le 1er avril 2009

Objet : Mes dents

Coucou mutti,
Désolée pour le silence, mais j’ai eu plein de trucs à faire et tout un tas de galères à régler, et les journées sont courtes.

Tu sais quoi ?? Je suis sous les antibios jusqu’au cou.

Il s’est passé que ça fait maintenant plusieurs années (depuis 2003) que je réclame à chaque dentiste que je vois de me soigner les gencives qui n’ont pas l’air au top !!
La réponse depuis six ans fut à chaque fois hyper laconique du genre : hein, quoi, des gencives ? Et puis voilà.

Le dernier en date est même allé jusqu’à me faire comprendre que puisque j’étais fumeuse, il n’allait sûrement pas s’emmerder.
Après qu’il m’eût retiré mes deux dents de sagesse du haut (qui, je le pensais, étaient à la source de tous mes tracas dentaires) je lui dis que ma molaire droite me faisait vraiment souffrir, et que je passais mon temps à contenir une infection récurrente du palais à grands coups d’huile essentielle de tea tree.

Là dessus, il me renvoya dans mes pénates en ayant pris soin de souligner que les huiles essentielles, ça servait à rien, et que pour ce qui était de mes gencives, ben j’avais qu’à pleurer avec mes yeux. OK.
Je continuais donc à tamponner de tea tree ma molaire à chaque poussée infectieuse.

Entre temps, ma copine Charlotte me raconte qu’elle vient de se faire sauver toute la bouche par le meilleur dentiste du monde. Chouette ! que je me dis. Je l’appellerai pour lui montrer mes gencives, des fois qu’il soit un peu plus tonique que les autres.

Et voilà qu’il y a deux jours, un mal de chien me prend, toujours sur la molaire. L’infection se réveille violente comme un dragon et me fait pleurer de douleur jusqu’à 6 heures du matin. J’appelle le lendemain le dentiste et insiste comme une diablesse jusqu’à ce que sa secrétaire me file un RdV dans la journée.

- « Je vous en supplie, j’ai trop mal c’est horrible, et j’ai peur de perdre un oeil en plus de ma dent qui s’est mise à bouger, car tout le monde se fout de mon infection et elle traîne depuis belle lurette. »

Et bien tu sais quoi ???

(Le type, d’abord, il est top ! Ce qui est une bonne nouvelle. J’ai enfin un dentiste.)

Il m’ouvre la bouche, et là, je le vois devenir blême.

- Ma pauv’ dame! qu’il commence. Vous avez un abcès parodontique énorme sur l’ensemble de la machoire et il y a des années qu’on aurait dû s’occuper de vous. Moi, quand j’ai un patient qui commence avec ça, je lui prends la tête grave pour qu’il se soigne et sans traîner !!! »

J’étais verte !

- Pourquoi mes collègues vous ont-ils laissé ainsi ?

- Parce que je suis fumeuse !

- Mais ça n’a rien à voir ! Le tabac n’arrange pas les choses, c’est sûr, mais en aucun cas il ne provoque la parodontopathie. C’est héréditaire ! Et si on se met à refouler tous les fumeurs, on va soigner qui ?

- Je sais bien. Mais que voulez-vous que j’y fasse si la profession se transforme en horde de fascistes moralisateurs ? J’suis mal barrée ??

- Je ne vais pas vous mentir, vous êtes en effet très mal barrée ! Vous êtes en train de perdre toutes vos dents et on vous a laissé traîner ça beaucoup trop longtemps. Quoiqu’il en soit, je ne peux rien faire maintenant, car si je vous touche, vous allez grimper aux rideaux ! C’est beaucoup trop enflammé pour faire quoique ce soit. Et puis j’ai besoin d’une radio panoramique pour voir l’étendue exacte des dégâts. Donc….
Et là, il me colle sous les antibios à dose de cheval, plus des suppositoires, plus des bains de bouches, plus des anti-inflammatoires de cheval aussi.

- Allez vite faire votre radio et amenez-la moi avant lundi pour que j’aie le temps de la regarder en détail.

- Doc, si vous me sauvez la bouche, peut-être que j’arrêterai même de fumer.

- Ne vous inquiétez pas de ça pour le moment. Vous savez bien qu’on fait comme on peut avec le tabac. Mais quand on vous aura soignée, vous n’aurez plus jamais de problèmes avec vos gencives. Vous avez tout à fait le droit de garder vos dents, toute fumeuse que vous êtes.

- Merci Doc. Alors si vous sauvez ma bouche, je vous paie une bouteille de schnaps !

Voilà. Je suis donc bien verte mais bien contente. Me reste plus qu’à trouver le gynéco pareil (vu qu’ils me font le même coup avec les mammos qu’ils refusent de me prescrire, malgré ma mastose et sa ribambelle de boules et de kystes ô combien variés, cause que j’ai toujours pas 50 ans) et le médecin traitant pareil (qui fera simplement son boulot et qui arrêtera de me parler comme l’excellent curé qu’il aurait pu devenir sans la testostérone qui lui fleurit sans répit dans les couilles). C’est pas gagné.

Bon. Je me prépare à souffrir, mais je suis soulagée ! (encore qu’il faut voir la radio. Je t’avoue que j’en mène pas large).

En tout cas, de cette aventure, je retiens qu’à pas encore quarante ans, je risque de perdre toutes mes dents comme si je m’étais cramée à l’héro pendant des années, alors que je n’ai jamais touché à la came, si ce n’est à celle contenue dans mes clopes.

J’en conclus, non sans colère contre ces culs serrés, qu’ils sont aussi nuisibles que de la drogue dure coupée vingt fois à l’ammoniaque et autres joyeusetés du même acabit.

Et comment veux-tu après ça avoir envie de rompre avec Benson pour rejoindre définitivement dans leur pré carré rose ces salopries de non fumeurs ?

Sur ce, je t’embrasse bien fort. Et ne t’inquiète pas telle la mère juive. Comme tu vois, je suis enfin en de bonnes mains.

Gros bisous



Mon boulot, c’est vivre ailleurs.

Nouvelle catégorie. Correspondance.

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http://www.lemondedesarts.com/2000ExpParis.htm.

À Sophie, le 20 Août 2008.
Objet : Mon boulot, c’est vivre ailleurs.

Sophie,

Message du soir, déboires !!

J’ai vraiment un problème de VIE avec Biii-iii-P !

Je te l’accorde, il y a un truc cinglé là-dedans.
Et alors ??!!
C’est pas parce que j’en ai conscience que ça me rendra moins minable, moins malheureuse, moins sans avenir…. ni que ça l’empêchera d’être, je le crains, mon âme soeur !!

Je suis d’accord, il m’aurait fallut un modèle plus sympathique, moins encombré, moins bourru, plus cool…. et j’en passe… Enfin merde quoi ! Un modèle qui m’aurait mis bien, qui m’aurait pas mis mal ! …..

Je n’ai jamais arrêté de donner de moi-même, dans une sorte de globalité des choses, et j’ai le sentiment de n’avoir récolté que jalousie, amertume ou agressivité. D’avoir payé mes talents et mes acquis au prix du crime si actuel (et super glamour par les temps qui courent) de l’indifférence ! En quelques sortes, le mot d’ordre, c’est démerde-toi !

Et le public qui est là. À chaque fois. Le public qui me prend dans ses bras.
Et tout le reste, tout autour, qui n’a auncun sens !

Je suis fatiguée.
Je ne sais plus par quel bout attraper la vie qu’il me reste.

Je suis si loin de moi….

Je voudrais être dans un jardin baigné de soleil et de pluie, où mes amis seraient le papillon, l’oiseau, le hérisson, l’abeille, la coccinelle et la grenouille…

Où je saurais faire pousser le haricot et le potiron, la framboise et la capucine, la carotte, le radis, la lavande et la camomille… et le melon.

Dans mes bacs de ville sans soleil, toutes les fleurs finissent par cuire comme au micro-ondes.

Nous sommes, elles et moi, dans un état lamentable.

La vie qui passe tous les jours par ici fait le tour de chez moi et n’y entre jamais.

C’est en moi qu’il faut puiser sans cesse de quoi demeurer (à peu près) debout. Comme les blés d’aujour’hui qui seraient tous pourris avant d’atteindre les silos s’il n’avaient été gavés d’hormones qui castrent les sols puis flore et faune tout alentour.

Comment puis-je faire mon travail (mon travail d’ouvrière, mon travail d’artisan qui connaît son sujet et son geste – précis, ancestral, explorateur) comment puis-je continuer à écrire « pour de vrai », »des choses vraies »( en tous cas universelles), avec mon geste singulier, « à ma façon », dans mes couleurs, si jamais rien de la vie, rien de la nature, n’atteint ni la couche supérieure de mon épiderme, ni mes narines, ni ma couche cornée !!!

Presque 40 ans. Je sens poindre en moi toute la paysannerie des Arnaud qui a été gommée de mon histoire au rythme Seventies de l’ascension sociale de mon père. Son confort, c’était le berceau de mon malheur, puis son lit, puis son salon, et pour finir, mon tombeau ?

Je n’ai plus aucune illusion.

Je sais que je ne vivrais jamais à la campagne, que rien ne poussera dans mon potager parce qu’il est devenu trop cher , ce petit lopin de terre… Je sais aussi qu’il n’y aura personne pour aimer les jus de fruits frais qui auraient pu couler de mon verger… mes huiles macérées au calendula ou la paquerette, mes baumes mentholés contre la migraine, et toutes les musiques des muses que je ne garde que pour moi… Parce que tout ça, tout ça me manque pour ouvrir la porte derrière laquelle elles attendent, inquiètes. – « Trouvera-t-elle ce qu’il lui faut pour tourner encore la poignée ?? »

Il n’y aura pas de rire d’enfants, ni de bras forts, ni de regard abandonné, ni de sourire confiant. Aucune protection. Jamais de repos.

Juste, comme au début et pour toujours, l’idée, l’espoir, le désir de la belle, de la grande, de l’absolue consolation.

Nous sommes condmanés à ne développer notre humanité que dans les ombres de nos rêves.

Alors, je me perds dans un rêve indien. Le rêve d’un bonheur qui résiderait dans le légume quotidien gorgé de vitamines et de rosée des fées qui l’auraient fait pousser. Un légume de la couleur des saisons qui passent en rythme avec les fleurs…

Un bonheur qui aurait le goût du poivron, de la camomille et de l’ail rose.
Un bonheur qui sentirait la terre, qui sentirait la pluie.

Tu vois, au fond, jardinier, c’est un peu comme compositeur.
Ton job, c’est passeur.

Que tu fasses pousser des fruits ou des humeurs, ton boulot, c’est Vivre ailleurs.

http://www.dailymotion.com/video/k2OUI15OWnbqQNcvhe



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