Le choix de la défaite

« La tyrannie alors n’avait qu’une tête, le songe de l’avenir nous enveloppait, l’Homme de Décembre nous semblait le seul obstacle à la liberté. » Louise Michel

http://www.dailymotion.com/video/x5njza
Une conférence d’Annie Lacroix-Riz, docteur en Histoire et professeur à l’université de Paris VII, à propos de son livre 1940, le choix de la défaite – Les élites françaises dans les années 30 chez Armand Colin

 

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Une autre conférence d’Annie Lacroix-Riz plus récente et moins longue mais tout aussi passionnante est disponible ici http://www.dailymotion.com/video/xe30j6_1940-le-choix-de-la-defaite_news?start=13#from=embed



Lika Spitzer

Aujourd’hui, je te livre un texte (qui n’est pas de moi) avec, bien sûr, l’accord de son auteurE.

S’il te plaît (le texte….) file à toute allure au dos de ton mulot jusque chez Lika.

Là-bas, tu pourras aussi lui commander Peut mieux faire (dont est extrait ce Chiffre Rond) et que j’ai ma foi lu d’une seule traite en me fendant la poire (mais pas que…. et bien subtilement) dans un train qui me ramenait de Paris.

Lika, elle sait te raconter toutes les choses indicibles qui te traversent et qui font de toi ce que tu es, à savoir un être humain défaillant, déraillant, amoureux et drôle, et non pas la Barbie à produire des merdes et à en acheter d’autres que l’on entend que tu soies.

Lika Spitzer, c’est quelqu’un  ! À lire sans modération.

Une de ces manies dont je commence à me guérir c’est celle du chiffre rond.

Jusqu’ici, si je décidais de me poster devant ma table de travail, il fallait que ce fût huit heures ou neuf heures, dix heures, onze heures, etc.

Mais pas huit heures zéro sept, neuf heures zéro quatre. Toutes les minutes situées de part et d’autre de l’heure me semblaient inhospitalières, rangées non pas régulièrement derrière l’heure comme les pavées égaux d’une chaussée carrossable, mais au contraire répandues n’importe comment entre les bornes des heures : impossibles à franchir.

La demi-heure offrait parfois un petit espace où poser le pied – et même le quart d’heure – mais je ne m’y risquais guère, je ne me sentais pas en confiance.

Si donc j’avais laissé passer « l’heure ronde », j’éprouvais une sorte de découragement, toute énergie retombée, comme si j’avais laissé partir un train et qu’il fallût attendre toute une heure le train suivant. Et chacun remarquera que quand on part réellement en voyage, on n’est pas du tout gêné que le train doive partir à une heure bâtarde telle que sept heures zéro trois, ou dix-neuf heures quarante-huit, on trouve cela très normal, et on saute dans son train sans le moindre état d’âme.

Pour mes plaisirs, par contre, je n’ai jamais eu besoin de chiffre rond.

Si j’ai envie d’un café ou d’une tartine, il peut être n’importe quelle heure bâtarde, onze heure dix minutes vingt trois secondes, aucun problème, je n’ai jamais pensé à l’heure, n’importe quel chiffre a toujours fait l’affaire. Elle a toujours pu se produire en plein coeur de l’éboulis d’heures minutes secondes sans que j’y trouve à redire.

Maintenant, regardez ce progrès : je peux attendre pour fumer ou manger qu’il soit « l »heure ronde » ; et inversement, décider de m’arrêter de fumer aussi bien à treize heures zéro sept au cours d’un mardi très ordinaire, commencer un régime amaigrissant un jeudi soir juste avant le dîner, ou après – voire pendant le repas.

Lika Spitzer - Chiffre rondPeut mieux faire – Collection du Club des poètes – 2009

Et merci Lika pour ces très très gros efforts que tu fournis pour nous offrir ce Blog car il est sûr que tu vas nous régaler sur la toile ! -



RIEN

Aujourd’hui…. Rien.

L’état de la presse de ce pays me désole.

Je préfère aller boire un coup chez Mémé et puis plonger dans « Les yeux de ma chèvre ».*

*Les Yeux de ma chèvre. Eric de Rosny. Terre Humaine – Plon

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Source : http://profile.myspace.com/index.cfm?fuseaction=user.viewprofile&friendid=153809315



Excuse-moi, j’peux pas te causer, je me marre !

« Il y a des temps où l’on ne doit dépenser le mépris qu’avec économie, à cause du grand nombre de nécessiteux. »

Chateaubriand. Mémoires d’outre-tombe – 1.3.

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/societe/20080909.OBS0597/alliotmarie_prete_a_des_concessions_sur_le_fichier_edvi.html

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Et que la lumière soit

À lire et à relire, à ré-écouter, à entendre, à voir et à revoir.
Y a des types qui me manquent.

http://www.dailymotion.com/video/xe67p

 

(D’ailleurs, Blak’s Man, si tu m’avais pas étouffé mes « Contre-Feux », je me serais fendue d’un extrait bienvenu sur cette page, à l’attention des copains qui me font l’honneur de glaner par ici ce dont je farcie mon existence. Je sais bien que tu penses que les bouquins sont faits pour circuler, mais personnellement, j’ai pas les moyens de les racheter vingt fois. Arrrggggg !!!!

Signé, Mozart in the Jungle.)

Edit du 23 septembre 2008. Je me rends compte que la vidéo à été retirée. C’était un court extrait d’une interview de Bourdieu tournée avec une caméra vidéo pourrie et un micro pourri dans un bistrot pourri. Un truc, donc, qui à coûté, excuses le terme, peau de zob et dont le seul intérêt résidait dans la parole de l’intervieuwé lui-même, au demeurant pas avare du tout de ses bonnes paroles ! Mais cetaines voix ne sont pas bonnes à répandre, semblerait-il. Alors le prochain glandu qui me bassine avec Chavez, j’y colle une paire de claques.



J’avais pris goût pour les machins louches

http://www.liberation.fr/actualite/societe/312060.FR.php

« Aller à Toulouse c’était en somme un sottise. À la réflexion, je m’en suis bien douté. J’ai donc pas eu d’excuses. Mais à suivre Robinson, comme ça, parmi ses aventures, j’avais pris goût pour les machins louches.

À New-York déjà quand j’en pouvais plus dormir ça avait commencé à me tracasser de savoir si je pouvais pas accompagner plus loin encore, et plus loin, Robinson.

On s’enfonce, on s’épouvante d’abord dans la nuit, mais on veut comprendre quand même et alors on en quitte plus la profondeur. Mais il ya trop de choses à comprendre en même temps. La vie est bien trop courte.

On ne voudrait être injuste avec personne. On a des scrupules, on hésite à juger tout ça d’un coup et on a peur surtout d’avoir à mourir pendant qu’on hésite, parce qu’alors, on serait venu sur terre pour rien du tout. Le pire des pires. »

Louis Ferdinand Céline. Voyage au bout de la nuit. folio.



« Elle a des boucles d’oreille en argent, des robes de Christian Dior… ça veut rien dire, ça veut rien dire ».

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Olivier Perrot. « Limites ». Photogrammes 1997, Format 230 x 120 cm

Si tu es parisien, le 21 février 2008, 28 associations unies, parmi lesquelles le Secours Catholique, la Fondation Abbé Pierre et ATD Quart Monde appellent à un rassemblement pour une nuit blanche citoyenne, Place de la République à partir de 18H00.

La vidéo qui suit, signée Les Enfants de Don Quichotte, dure 71 mn. (merci Constantin… Super Roudoudou). Alors je te conseille d’appuyer longtemps dessus avec ton mulot, ce qui t’emmène chez le dailymotion, où tu pourras zoomer (ouais, toutes mes confuses, mais y a pas que des As du web parmis mes lecteurs chéris…)

http://www.dailymotion.com/video/x4d8j5

 

« C’est à nous de proposer cette alternative à ceux qui n’ont plus que Thanatos pour leur sourire et auquel ils cèderont finalement pour satisfaire notre ignoble exigence de leur sacrifice.

C’est à nous de rompre le pacte consensuel avec le « dieu obscur »(1) auquel nous les vouons ainsi, au nom de tant d’amour et de solidarité avoués de manière si obscène.

Si nous ne le faisons pas, ils poursuivront leur errance, certains en deviendront fous, tous en mourront prématurément.

Serons-nous pour autant plus rassurés sur notre cohésion sociale payée à ce prix ? Leurs cadavres scelleront-ils plus solidement notre unité et alimenteront-ils plus sûrement l’illusion de notre bonheur ? Rien n’est moins sûr, tant le dieu obscur est insatiable dans la part de violence, de sang et de larmes qu’il réclame sans cesse en contrepartie de notre soumission à ce qu’il nous promet et ne nous donne, finalement, jamais. »

Daniel Terrolle. Sans domicile fixe : au seuil d’une liberté possible et créatrice ? L’art en difficultés. Les hors- champs de l’art – Cassandre Horschamp.

1 – Armand Zaloszyc. Le Sacrifice au dieu obscur : ténèbres et pureté dans la communauté.

Nice, Z’ éditions, 1994.



Eternelles Fantine. Christus nos liberavit.

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source : http://www.lemagazine.info

http://www.liberation.fr/transversales/grandsangles/308288.FR.php

« Qu’est-ce que c’est que cette histoire de Fantine ?
C’est la société achetant une esclave.
A qui ? A la misère.

À la faim, au froid, à l’isolement, à l’abandon, au dénuement. Marché douloureux. Une âme pour un morceau de pain. La misère offre, la société accepte.

La sainte loi de Jesus Christ gouverne notre civilisation, mais elle ne la pénètre pas encore ; on dit que l’esclavage a disparu de la civilisation européenne. C’est une erreur. Il existe toujours ; mais il ne pèse plus que sur la femme, et il s’appelle prostitution.

Il pèse sur la femme, c’est-à-dire sur la grâce, sur la faiblesse, sur la beauté, sur la maternité. Ceci n’est pas une des moindres hontes de l’homme.

Au point de ce douloureux drame où nous sommes arrivés, il ne reste plus rien à Fantine de ce qu’elle a été autrefois. Elle est devenue marbre en devenant boue. Qui la touche à froid. Elle passe, elle vous subit et elle vous ignore ; elle est la figure déshonorée et sévère.

La vie et l’ordre social lui ont dit leur dernier mot. Il lui est arrivé ce qui lui arrivera. Elle a tout ressenti, tout supporté, tout éprouvé, tout souffert, tout perdu, tout pleuré. Elle est résignée de cette résignation qui ressemble à de l’indifférence comme la mort ressemble au sommeil. Elle n’évite plus rien. Elle ne craint plus rien.

Tombe sur elle toute la nuée et passe sur elle tout l’océan ! que lui importe ! c’est une éponge imbibée.

Elle le croit du moins. Mais c’est une erreur de s’imaginer qu’on épuise le sort et qu’on touche le fond de quoi que ce soit.

Hélas ! qu’est-ce que toutes ces destinées ainsi poussées pêle-mêle ? où vont-elles ? pourquoi sont-elles ainsi ?

Celui qui sait cela voit toute l’ombre.
Il est seul. Il s’appelle Dieu. »

Victor Hugo. Les misérables. Première partie. Chapitre XI.Christus nos liberavit



J’ai un polar sur la braise

« LA FILLE QUI RÊVAIT D’UN BIDON D’ESSENCE ET D’UNE ALLUMETTE », tu connais ?
Mais non, c’est pas moi !!

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C’est le polar que j’ai sur la braise et qu’il vaut mieux que j’ouvre avant 2 heures si je ne veux pas m’endormir à 6….

Vol 2 de la trilogie de Stieg Larsson, chez Actes Sud, au cas où tu ne l’aurais pas encore lu.

Très bien, très très bien.

Alors à tout’



À cinq heures du soir, il était exactement cinq heures du soir.

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Le lendemain, mardi, jour du combat, la pesée est à neuf heures du matin. Avant leur rendez-vous avec la commission à onze heures, Odell, Connor et les deux manageurs s’entassent dans un taxi avec leurs gars et l’emmènent en ville pour le régaler de flocons d’avoine irlandais et de crêpes.

Avant ce festin, Mookie s’est forcé à avaler un grand verre de jus de pamplemousse. Il déteste mais c’est pour le potassium et pour le réhydrater. En retournant à pied à l’hôtel avec les autres, Connor avise l’affiche d’une exposition exceptionnelle au Musée de la ville, consacrée à la fois à Michel-ange et à Rodin.

À moins d’aller à la Casa Buonarroti de Florence, ou même au Metropolitan si jamais un voyage à New-York se présente, il en est venu à penser qu’à son âge il n’aura plus la chance de se tenir face à une oeuvre de Michel-Ange. Et pourtant, elle est là, cette occasion, à un kilomètre d’ici. Il espère de tout coeur pouvoir y aller mais le programme est serré, les jours de combat.

Mookie monte dans sa chambre. Son entourage et celui de l’africain retrouvent le représentant de la commission dans la salle de conférence de l’hôtel. Toutes sortes de tricheries sont évoquées, y compris les coups de tête, les coups bas et les knock-down, avec une insistance particulière sur les coups bas. Dans le règlement qu’on leur a distribué, il est indiqué qu’après deux avertissements pour ce motif le boxeur perdra automatiquement un point à la troisième infraction.

Le représentant est un type séduisant, que Connor estime italien ou peut-être juif. Il est fier de sa mission et c’est un cinglé de la boxe, surtout des rencontres qui se déroulent dans la ville. Il fait comprendre à tout le monde que c’est un combat de première classe qu’on attend, et que ce serait pareil s’il s’agissait d’une reprise en quatre rounds ou d’une grande rencontre de championnat en douze. Tout le monde le comprend.

De retour dans sa chambre, Connor essaie de prendre un peu de repos mais il n’y arrive pas, il a dormi tout son saoul la nuit précédente. À rester étendu, il finit par s’énerver, il a envie de quelque chose de sucré. Il descend à la boutique en face de l’hôtel, prend un quart de lait écrémé, une pomme et un Tastykake à la noix de coco.

Il a eu un bout d’oreille arraché à coups de dents au cours d’une rixe, un jour où il a surpris quelqu’un qui essayait de voler sa voiture, et il n’entend pas très bien de ce côté. Pendant qu’il fait la queue pour payer, il ne capte donc pas la musique soul qui passe en fond sonore, Patti LaBelle en train d’improviser à toute allure des paroles sur un accompagnement de contrebasse et percussions, de jouer à cache-cache avec la mélodie.

Il s’en rend seulement compte lorqu’une voix derrière lui se met à chanter à l’unisson suivant les intonations black de Patti, mot pour mot, nuance pour nuance. Il se retourne, s’attendant à découvir un ado noir, mais à la place son regard tombe sur un lycéen juif, la calotte retenue par deux pinces à ses cheveux bruns et bouclés. Il est flanqué de trois copines de classe aux bras chargés de livre, qui mastiquent leur chewing-gum, et tandis qu’il monte dans les aigus, claque des doigts en imitant le style de Patti à la perfection, Connor se dit qu’il fait le malin dans l’espoir de tirer un coup.

Aux coups d’oeil que les filles s’échangent, il accorde au jeunot de bonnes chances d’en sauter au moins une, s’il s’accroche. En esprit, il revient à son gars endormi dans la chambre sombre et brûlante. Son bébé, son guerrier.

« Euh, pardon m’sieur. M’sieur ? C’est quoi ça ? » Connor a vaguement saisi la question. Il dégustait déjà le Tastykake dans sa tête. « C’que vous avez au poignet, c’est un tatouage, non ? » insiste le lycéen.

Connor suit son regard. Comme d’habitude, sa grosse Timex a glissé sur son avant-bras, révélant un tatouage déteint qui pourrait être celui d’un ancien taulard.

Près d’un demi-siècle plus tôt, quand Connor était encore sous le choc de sa seuxième expérience de cul et qu’il s’apprêtait à s’engager dans la Navy en pleine guerre de Corée, l’inscription était facile à déchiffrer. Plus maintenant.

- C’est vous qui vous l’êtes fait, hein ? demande le chanteur improvisé, très en verve.

Mais il y a plus d’émerveillement qui d’impertinence dans le ton qu’il a et Connor décide de lui répondre:

- Non, on me l’a fait.

- Où ça ?

- Skid Row, à LA, puisque ça t’intéresse.

La déception se lit sur les traits du jeunot. Il s’attendait à ce qu’on lui dise que le tatouage venait de
Sing-Sing, ou d’Alcatraz, ou même de l’île du Diable.

- Quoi, vous étiez une bande et vous aviez picolé, c’est ça ?

- Non, il était deux heures…

Et puis comme souvent, ce sont des vers de Garcia Lorca qui s’imposent à lui :

À cinq heures du soir
Il était excatement cinq heures du soir.

 

F.X. Toole. La brûlure de Cordes. Ed Albin Michel.

Huile sur toile: Raphaël Beerten.



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