Les Danses de l’Amarrage

Mais de quelle bataille s’agit-il ?

grand je – C’est toujours la même qui recommence. Vous assis à la recherche de vous debout”.
Armand Gatti. La part en trop. Ed Verdier, 1997.

dansestoto.jpg

Les Danses de l'Amarrage mp3 extrait.mp3

mp3 extrait2.mp3

Ma passion est un fruit du penchant que j’ai pour la vie. En aucun cas je ne permettrai qu’elle devienne la cause de ma perte.

“Et de vous perdant courage” disait la chanson… C’est ainsi que la vie m’a désaccordée. Mes cahiers suaient le labeur. Peine perdue.
Les muses se moquent de ceux qui se donnent du mal car le volontarisme les fait rire. J’ai compris qu’il était vain de lutter contre le silence qui me submergeait et j’ai décidé de traverser cet océan muet, quitte à y faire naufrage. Je voulais être re-cueillie par cette alchimie mystérieuse qui m’a, enfant, amarrée à la musique.

En m’engageant sur cette voie, je ne savais pas à quel point j’allais y retrouver intact le désir de l’enfance dans sa folle énergie.
Jour après jour, je me faisais le réceptacle de sensations effacées à travers lesquelles se faufilait la trame de ma mémoire charnelle et souterraine. J’ai senti alors une petite chose refaire surface doucement. Une petite chose impalpable, indicible, qui avait toujours agi en moi comme un tendeur, comme le ressort d’une montre ancienne, et autour de laquelle je m’enroulais par vagues.
Les Danses de l’Amarrage affluaient sous mes doigts.
Elles jaillissaient de mes absences dès que mon esprit s’était déconnecté des contingences pour voyager librement dans son royaume originel. Du fond des eaux silencieuses, elles me ramenaient en lianes les couleurs matrices de l’existence auxquelles elles étaient unies.
Alors, les unes tissées dans les autres ont organisé mon radeau. Mon âme à dérivé sur elles dans ses rêveries résiliées. Et ces alliées profondes m’ont finalement rendue à mes chemins ourlés par la force de l’innocence. Elles en étaient les sentinelles et les prunelles balkaniques qu’elles portaient en flambeau éclairaient ce sillon perdu depuis longtemps dans l’ombre des violences.

Ce qui fait la force d’une création, et son universalité peut-être, c’est son pouvoir de faire passer à notre insu une vérité crue. Ainsi, ce que mon corps dessine quand il est au piano raconte sans réserve ce que je fais avec le monde et ce que le monde fait de moi.
Finalement, s’il est un art à cultiver comme son jardin, sur scène ou dans la vie, c’est la beauté du geste.

Gouache: Victor Gruet



4 commentaires

  1. christine bousquet 4 février

    C’est quoi ce putain de blog génial où on a que des p’ti bouts de ton talent
    Merdeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeee! on en veux plus
    bizs

  2. Rachel Arnaud 4 février

    Heu… Plus de quoi ??

  3. L’hirondelle 27 février

    Ca coule de mes yeux, votre musique et vos mots résonnent en moi…

  4. David 15 septembre

    Bonjour Rachel. J’ai votre cd depuis de nombreuses années, je l’avais acheté à Toulouse sur un marché où vous jouiez. C’était en 2007. J’étais en colocation et nous l’écoutions de temps en temps. Ça m’a toujours mis dans un état second.
    Je l’écoute encore de temps en temps, pas trop souvent pour ne pas me lasser. Mais quel apaisement à chaque fois, magnifique. J’aime vraiment beaucoup.

    Ça fait 11 ans que je vous ai vu jouez mais je vous vois encore jouer (dans ma tête bien sur!)

    Est-ce que vous jouez encore?

    Cordialement

    David

Laisser un commentaire

djurdjura |
MARINE NATIONALE EN INDO |
last0day |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | ECRIVAIN PUBLIC, ZAZ ET PLUS
| Corsica All Stars [CAS]
| _*MoN DeLiRe A mWa !!!*_