C’est finir de vivre et se mettre à survivre.

Si tu es allé faire un tour dans l’article que je t’ai recommandé hier (tu trouveras le message dans la catégorie La planète sous le titre la perception du monde ), peut-être qu’il t’est monté comme à moi, depuis le fond des intestins jusqu’à la pointe des amygdales, l’envie irrépressible d’être lové sous une peau de bison dans un tipi indien en 1450.

survivance.jpg

Chef Seattle
(1786 – 1866)

L’homme blanc devra traiter les bêtes de cette terre comme ses frères…

Le Grand Chef de Washington nous a fait part de son désir d’acheter notre terre.

Le Grand Chef nous a fait part de son amitié et de ses sentiments bienveillants. Il est très généreux, car nous savons bien qu’il n’a pas grand besoin de notre amitié en retour.

Cependant, nous allons considérer votre offre, car nous savons que si nous ne vendons pas, l’homme blanc va venir avec ses fusils et va prendre notre terre.

Mais peut-on acheter ou vendre le ciel, la chaleur de la terre ? Etrange idée pour nous !

Si nous ne sommes pas propriétaire de la fraîcheur de l’air, ni du miroitement de l’eau, comment pouvez-vous nous l’acheter ?

Le moindre recoin de cette terre est sacré pour mon peuple. Chaque aiguille de pin luisante, chaque grève sablonneuse, chaque écharpe de brume dans le bois noir, chaque clairière, le bourdonnement des insectes, tout cela est sacré dans la mémoire et la vie de mon peuple. La sève qui coule dans les arbres porte les souvenirs de l’homme rouge. Les morts des hommes blancs, lorsqu’ils se promènent au milieu des étoiles, oublient leur terre natale. Nos morts n’oublient jamais la beautée de cette terre, car elle est la mère de l’homme rouge; nous faisons partie de cette terre comme elle fait partie de nous.

Les fleurs parfumées sont nos soeurs, le cerf, le cheval, le grand aigle sont nos frères; les crêtes des montagnes, les sucs des prairies, le corps chaud du poney, et l’homme lui-même, tous appartiennent à la même famille.

/…/

L’eau étincelante des ruisseaux et des fleuves n’est pas de l’eau seulement; elle est le sang de nos ancêtres.
Si nous vendons notre terre, vous devez vous souvenir qu’elle est sacrée, et vous devrez l’enseigner à vos enfants, et leur apprendre que chaque reflet spectral de l’eau claire des lacs raconte le passé et les souvenirs de mon peuple. Le murmure de l’eau est la voix du père de mon père.

Les fleuves sont nos frères: ils étanchent notre soif. Les fleuves portent nos canoës et nourrissent nos enfants. Si nous vous vendons notre terre, vous devrez vous souvenir que les fleuves sont nos frères et les vôtres, et l’enseigner à vos enfants, et vous devrez dorénavant leur témoigner la bonté que vous auriez pour un frère.

L’homme rouge a toujours reculé devant l’homme blanc, comme la brume des montagnes s’enfuit devant le soleil levant. Mais les cendres de nos pères sont sacrées. Leurs tombes sont une terre sainte, ainsi, ces collines, ces arbres, ce coin de terre sont sacrés à nos yeux. Nous savons que l’homme blanc ne comprend pas nos pensées.
Pour lui un lopin de terre en vaut un autre, car il est l’étranger qui vient de nuit piller la terre selon ses besoins. La sol n’est pas son frère, mais son ennemi, et quand il l’a conquis, il poursuit sa route. Il laisse derrière lui les tombes de ses pères et ne s’en soucie pas. Les tombes de ses pères et le patrimoine de ses enfants sont oubliés. Il traite la terre, sa mère, et le ciel, son frère, comme des objets qu’on achète, qu’on pille, qu’on vend, comme des moutons ou des perles brillantes.
Son appétit va engloutir la terre et ne laissera derrière lui qu’un désert.

Je ne sais. Nos voies diffèrent de vos voies. La vue de vos villes blessent les yeux de l’homme rouge.
Peut-être parce que l’homme rouge est un sauvage qui ne comprends pas.

Il n’y a pas de lieu calme dans les villes de l’homme blanc, pas de place où entendre les feuilles qui se déroulent au printemps ou le bruissement des ailes d’insectes. Mais peut-être est-ce parce que je suis un sauvage qui ne comprend pas.
Le fracas qui règne seul insulte l’oreille. Et à quoi bon vivre, si l’homme ne peut écouter le cri solitaire de l’engoulevent ou les palabres des grenouilles autour de la mare ? Je suis un homme rouge, et je ne comprends pas. L’Indien préfère le doux bruit du vent effleurant la surface d’un étang, et le parfum du vent, lavé par la pluie de midi ou chargé de la senteur des pins.

L’air est précieux à l’homme rouge, car toutes choses partagent le même souffle; les bêtes, les arbres, l’homme, tous participent au même souffle. L’homme blanc paraît indifférent à l’air qu’il respire. Comme un homme à l’agonie depuis des jours, il est insensible à la puanteur.
Mais si nous vendons notre terre, vous devez vous souvenir que l’air nous est précieux, qu’à tous les êtres qu’il fait vivre il fait partager son esprit. Le vent qui a donné son premier souffle à notre aïeul reçoit aussi son dernier soupir. Et le vent doit aussi donner à nos enfants l’esprit de la vie. Si nous vendons notre terre, vous devez la conserver comme un lieu à part et sacré, où l’homme blanc lui-même puisse goûter la douceur du vent parfumé par les fleurs des prairies.

Nous allons donc considérer votre offre d’acheter notre terre. Si nous décidons de l’accepter, ce sera à une condition : l’homme blanc devra traiter les bêtes de cette terre comme ses frères.

Je suis un sauvage et ne comprends pas les autres usages. J’ai vu mille buffles pourrir sur la prairie, abandonnés par l’homme blanc qui les avait abattus d’un train en marche. Je suis un sauvage qui ne comprends pas que le cheval de fer fumant puisse être plus important que le buffle, lui que nous ne tuons que pour rester en vie.

Qu’est l’homme sans les bêtes ? Si toutes les bêtes disparaissaient, l’homme mourrait de grande solitude de l’esprit. Car tout ce qui arrive aux bêtes ne tarde pas à arriver à l’homme. Toutes choses sont liées.
Vous devez enseigner à vos enfants que la terre, sous leurs pieds, est faite des cendres de nos grands-parents. Afin qu’ils la respectent, dites à vos enfant que la terre est riche de la vie de notre peuple.
Apprenez à vos enfants ce que nous apprenons à nos enfants, que la terre est notre mère. Tout ce qui arrive à la terre arrive aux fils de la terre.
Lorsque les hommes crachent sur la terre, ils crachent sur eux-mêmes.

Nous le savons: la terre n’appartient pas à l’homme, c’est l’homme qui appartient à la terre. Nous le savons: toutes choses sont liées comme par le sang qui unit une même famille.

Toutes choses sont liées.

Tout ce qui arrive à la terre arrive au fils de la terre. L’homme n’a pas tissé la toile de la vie. Il n’est qu’un fil de tissu. Tout ce qu’il fait à la toile, il le fait à lui-même.

/…/

Qu’importe où nous passerons le reste de nos jours ? Ils ne sont plus nombreux. Encore quelques heures, quelques hivers, et il ne restera plus aucun enfants des grandes tribus qui vivaient autrefois sur cette terre, ou qui errent encore dans les bois, par petits groupes; aucun ne sera là pour pleurer sur les tombes d’un peuple autrefois aussi puissant, aussi plein d’espérance que le vôtre.
Mais pourquoi pleurer sur la fin de mon peuple ? Les tribus sont faites d’hommes pas davantage. Les hommes viennent et s’en vont, comme les vagues de la mer.

Même l’homme blanc, dont Dieu marche avec lui et lui parle comme un ami avec son ami, ne peut échapper à la destinée commune. Peut-être sommes-nous frères malgré tout; nous verrons. Mais nous savons une chose que l’homme blanc découvrira peut-être un jour: notre Dieu est le même Dieu. Vous avez beau penser aujourd’hui que vous le posséder comme vous aimeriez posséder notre terre, vous ne le pouvez pas. Il est le Dieu des hommes, et sa compassion est la même pour l’homme rouge et pour l’homme blanc.

La terre est précieuse à ses yeux, et qui porte atteinte à la terre couvre son créateur de mépris. Les Blancs passeront, eux aussi, et peut-être avant les autres tribus. Continuez à souiller votre lit, et une belle nuit, vous étoufferez dans vos propres déchets.

Mais dans votre perte, vous brillerez de feux éclatants, allumés par la puissance de Dieu qui vous a amenés dans ce pays, et qui, dans un dessein connu de lui, vous a donné pouvoir sur cette terre et sur l’homme rouge. Cette destinée est pour nous un mystère; nous ne comprenons pas, lorsque tous les buffles sont massacrés, les chevaux sauvages domptés, lorsque les recoins secrets des forêts sont lourds de l’odeur d’hommes nombreux, l’aspect des collines mûres pour la moisson est abîmé par les câbles parlants.

Où est le fourré . Disparu. Où est l’aigle ? Il n’est plus. Qu’est-ce que dire adieu au poney agile et à la chasse ? C’est finir de vivre et se mettre à survivre.

Gardez en mémoire le souvenir de ce pays, tel qu’il est au moment où vous le prenez. Et de toutes vos forces, de toute votre pensée, de tout votre coeur, préservez-le pour vos enfants, et aimez-le comme Dieu nous aime tous.

Ainsi donc, nous allons considérer votre offre d’acheter notre terre. Et si nous acceptons, ce sera pour être bien sûrs de recevoir la réserve que vous nous avez promise. Là peut-être, nous pourrons finir les brèves journées qui nous restent à vivre selon nos désirs. Et lorsque le dernier homme rouge aura disparu de cette terre, et que son souvenir ne sera plus que l’ombre d’un nuage glissant sur la prairie, ces rives et ces forêts abriteront encore les esprits de mon peuple. Car ils aiment cette terre comme le nouveau-né aime le battement du coeur de sa mère. Ainsi, si nous vous vendons notre terre, aimez-la comme nous l’avons aimée. Prenez soin d’elle comme nous en avons pris soin.

Nous savons une chose: notre Dieu est le même Dieu. Il aime cette terre. L’homme blanc lui-même ne peut pas échapper à la destinée commune. Peut-être somme-nous tous frères.

Nous verrons.

(« Discours de 1854″ – Chef Sealth dit Seattle in Vers un développement solidaire, Lausanne, 1976)

Source : http://www.tribunal-animal.com:80/consciences/conscients/seattle.htm



La perception du monde

Excuses-moi Gros Minet (et là, même si t’es une fille, je te déconseille de féminiser….), l’article auquel je te renvoie aujourd’hui est super long !
Mais je te recommande quand même de prendre le temps de le lire.
Parce que vois-tu, c’est pas à la télé, ni dans les quotidiens qu’on va te raconter tout ça.

Une fois que tu t’es cogné les trois pages, ils te font bien marrer les pantins qui t’opposent à longueur de tribune la Russie Stalinienne avec l’économie de marché, et tout à coup, dans une hallucination salvatrice, tu les vois tels qu’ils sont, c’est-à-dire sous la forme d’une grosse poule qui caquette en tordant du cul.

Comme quoi, la perception du monde, ça tient vraiment à peu de choses…..

Alors les efforts de concentration, c’est par là :

http://www.liberterre.fr/gaiasophia/agriculture/desertification/index.html



nécro-carburants

Pour ne pas te faire enfler par la Pub qui te montre une jolie voiture dans une jolie prairie, que quand t’y penses après, tu l’entends faire cui-cui….

http://www.kokopelli.asso.fr/actu/new_news.cgi?id_news=90



Les carnets du sous-sol

Toute ressemblance avec des hommes dangereux existants ou ayant existé n’est pas que pure coïncidence.
La traduction est signée Markowicz et tu trouveras tout ça chez Babel.
Miam, c’est si bon !!!!!

Les carnets du sous-sol, Dostoïevsky, 1864.

Par exemple, j’ai un ami… D’ailleurs, messieurs, c’est votre ami à vous aussi; et de qui donc, oui, de qui donc n’est-il pas l’ami? En se mettant à faire quelque chose, ce monsieur-là vous expliquera tout de suite, d’une manière claire et pontifiante, comment il faut agir précisément selon les lois de la raison et de la vérité.
Bien plus: c’est avec feu et émotion qu’il vous peindra les véritables intérêts de l’espèce humaine, ses intérêts normaux; il accusera d’un ton moqueur ces taupes imbéciles qui ne comprennent ni leurs intérêts ni la vraie signification de la vertu; et – un quart d’heure, à peine, plus tard, sans aucune raison impondérable ou extérieure, non – par on ne sait quelle raison tout à fait intérieure, bien plus puissante que tous ses intérêts, il vous sortira une chose exactement inverse, il se placera en contradiction flagrante avec ce qu’il vient de dire: contre les lois de la raison, contre ses propres intérêts, bref, contre tout…
Je vous préviens que cet ami est un personnage collectif, c’est pourquoi il me semble délicat de l’accuser tout seul. Mais c’est ce que je dis, messieurs: n’existe-t-il pas réellement quelque chose qui est plus cher à presque tous les hommes que leurs intérêts les plus grands, ou bien (pour ne pas aller contre la logique), est-ce qu’il n’existe pas un intérêt qui est le plus intéressant (celui-là même que tout le monde omet, et dont je viens de parler), un intérêt primordial, plus intéressant que tous les autres intérêts et au nom duquel, si cela s’avère nécessaire, les hommes sont prêts à braver toutes les lois – parfaitement, à se dresser contre le bon sens, l’honneur, le calme, le bien-être – bref, à se dresser contre tout ce qui est utile et beau, dans le seul but d’atteindre cet intérêt premier, cet intérêt le plus intéressant et qui leur est plus cher que tout?
- Bah, ça reste un intérêt, répliquez-vous, m’interrompant.
Attendez donc, messieurs, nous aurons le temps de nous expliquer, il ne s’agit pas de faire des calembours, mais de ceci: cet intérêt-là est d’autant plus remarquable qu’il détruit toutes nos classifications et qu’il démolit constamment tous les systèmes imaginés par les amis du genre humain pour le bonheur du genre humain; que, bref, il dérange tout le monde…/…/

Voilà pourquoi je prends ça en exemple, c’est un exemple trop frappant. Regardez autour de vous: le sang coule à grands flots, et d’une façon tellement joyeuse, encore, on dirait du champagne. Et c’est cela, notre XIXe siècle dont Buckle fut le contemporain. Regardez Napoléon le Grand, et celui d’aujourd’hui. Regardez l’Amérique du Nord – cette union perpétuelle. Regardez, enfin, cette caricature qu’est le Schleswig-Holstein… Qu’est-ce donc qu’elle adoucit en nous, la civilisation? Tout ce que fait la civilisation, c’est qu’elle amène à une plus grande complexité de sensations… absolument rien d’autre. Je parie même que, cette complexité se développant, elle peut aller jusqu’au point où elle nous fera découvrir des plaisirs jusque dans le sang.
Cela s’est déjà produit. Avez-vous remarqué que les buveurs de sang les plus raffinés furent presque tous les hommes les plus civilisés qui soient, même si les Attila et les Stenka Razine ne leur arrivaient pas à la cheville, parfois, et que, s’ils sont peut-être moins visibles qu’Attila et les Stenka Razine, c’est simplement qu’ils sont devenus communs, trop ordinaires, qu’ils sont rentrés dans le rang?
La civilisation, si elle n’a pas rendu les hommes plus sanguinaires, a conféré à cette cruauté quelque chose de plus sale, de plus odieux. Avant, les hommes voyaient dans le meurtre un acte de justice, ils étripaient donc qui ils devaient sans remords de conscience; maintenant, nous avons beau savoir que le meurtre est une saloperie, nous la pratiquons de plus belle, cette saloperie, et encore plus qu’avant.
Qu’est-ce qui est pire? – A vous de décider. Il paraît que Cléopâtre (passez-moi cet exemple d’histoire romaine) aimait enfoncer des épingles dorées dans les seins de ses servantes et qu’elle trouvait une jouissance dans leurs tortillements et dans leurs cris. Vous me direz que cela se passait à une époque qu’on pourrait dire relativement barbare; que maintenant aussi, c’est une époque barbare parce que, maintenant aussi (toujours relativement parlant) on enfonce des épingles; que maintenant aussi, même si les hommes ont su apprendre quelquefois à se faire une vision plus claire qu’aux époques barbares, ils sont loin d’avoir appris à agir selon ce que leur dictent les sciences ou la raison. Et, néanmoins, vous êtes toujours persuadés qu’ils finiront bien par apprendre, quand on ne sait quelles ancestrales et détestables habitudes seront définitivement passées, que le bon sens et les sciences réunis les rééduqueront de fond en comble et dirigeront leur humaine nature vers sa voie naturelle./…/
- Alors – c’est toujours vous qui parlez – s’instaureront de nouvelles relations économiques, toutes prêtes à l’usage, calculées, elles aussi, avec une exactitude mathématique, de sorte qu’en un instant disparaîtront tous les problèmes possibles et imaginables, pour cette unique raison, en fait, qu’ils trouveront toutes les réponses possibles et imaginables. Alors, on verra se construire un palais de cristal. Alors…
Bon, bref, c’est l’Oiseau bleu qui nous rendra visite. Evidemment, nul ne peut garantir d’aucune façon (c’est moi qui parle maintenant) qu’alors, disons, la vie ne sera pas mortellement ennuyeuse (parce que, à quoi sert de faire quoi que ce soit, si c’est déjà inscrit sur une tablette?), mais elle sera parfaitement raisonnable. Certes, que n’inventerait-on pas quand on s’ennuie! Car les épingles d’or, c’est aussi par ennui qu’on les enfonce – mais laissons ça.
Ce qui est moche (c’est encore moi qui parle), c’est qu’on pourrait bien voir les hommes se réjouir de ces épingles d’or. Parce que l’homme est bête, phénoménalement bête. C’est-à-dire, il est loin d’être bête, mais il est tellement ingrat que rien au monde ne l’est plus que lui.
Moi, par exemple, ça ne m’étonnerait pas du tout, de voir surgir, comme ça, sans prévenir, en plein milieu de cette raison régnante, un monsieur au physique ingrat, ou, pour mieux dire, rétrograde et sarcastique, qui se mettrait les deux mains sur les hanches et qui dirait: Dites-donc, messieurs, est-ce qu’on ne pourrait pas l’envoyer valdinguer, toute cette raison, d’un seul coup de pied, seulement pour envoyer ces logarithmes au diable, et pour vivre à nouveau selon notre liberté stupide? Ca, encore, ce n’est rien, mais le malheur, c’est qu’il trouvera obligatoirement des partisans: l’homme est ainsi fait. /…/

Leur volonté particulière, libre, affranchie de contraintes, leur caprice individuel, fût-il le plus farouche, leur fantaisie, exacerbée parfois jusqu’à la folie même – c’est bien cela, cet intérêt omis, ce plus profitable de tous les profits, qui n’entre dans aucune classification et qui envoie perpétuellement au diable tous les systèmes et toutes les théories. Car quoi, où les savants ont-ils pu bien trouver que les hommes ont besoin de je ne sais quelle volonté naturelle, de je ne sais quelle volonté de vertu? Ce dont les hommes ont besoin – c’est seulement d’une volonté indépendante, quel que soit le prix de cette indépendance, et quelles que soient ses conséquences. Bon, et la volonté, le diable sait de quoi…



Le désert annoncé

Je vous invite à lire l’article auquel renvoie le lien ci-dessous

http://www.kokopelli.asso.fr/articles/desertification.html

(Il fait le bilan des sols disparus à jamais et dresse les conséquences, sans pathos.
Chronique d’une mort annoncée.)

et à en profiter pour faire votre petit tour sur le site de Kokopelli….



Les OGM Quézaco

Si vous souhaitez avoir une synthèse claire et brillante sur l’ensemble des questions soulevées par les cultures OGM en plein champ, voici « The » conférence à écouter.
J’avais vu la première partie il y a quelques mois, mais impossible de mettre la main sur la deuxième. Du coup, je l’avais pas fowardée. Puis voilà que je l’ai retrouvée par hasard en glanant de ci de là sur le web.

Il faut dire que l’on parle un peu de Christian Vélot en ce moment à cause de tous ses ennuis. En fait, il est pas le seul à avoir des ennuis.

D’ailleurs, ça commence à devenir tellement systématique qu’une table ronde est organisée demain lundi à Paris à l’initiative de la Fondation Sciences citoyennes, du GIET, et de L’Alliance pour la planète sur le thème « Quelle protection pour les lanceurs d’alerte? »
Si vous voulez plus d’informations sur la réunion ou sur les pressions que subissent certains chercheurs qui ont l’esprit critique un peu trop développé pour les temps qui courent, c’est par là:

http://raffa.over-blog.com/article-13180895.html

Si vous voulez voir la conférence de Christian Vélot, (moi j’ai trouvé ça vraiment bien), c’est par là.

http://www.dailymotion.com/video/xpwco_eclairage-scientifique-sur-les-ogm
http://www.dailymotion.com/video/xpync_eclairage-scientifique-sur-les-ogm



Machiavel ou La boétie ?

Piochées dans un bouquin qui s’intitule « Histoire et trauma, La folie des guerres » – de Davoine et Gaudillère, aux éditions Stock l’autre pensée – je reproduis ces quelques lignes, écrites par un jeune homme âgé alors de dix huit ans, il y a plus de quatre cents ans, et qui d’un trait nous renvoie à notre actualité, embrassant notre Histoire depuis l’origine de nos parents jusqu’au devenir de nos enfants.

À lire, à méditer et à partager sans modération. Je crois….

« Je désirais seulement qu’on me fît comprendre comment il se peut faire que tant d’hommes, tant de bourgs, tant de villes, tant de nations supportent quelques fois tout d’un tyran seul, qui n’a de puissance que celle qu’on lui donne, qui n’a pouvoir de leur nuire qu’autant qu’ils veulent bien l’endurer, et qui ne pourrait faire aucun mal s’ils n’aimaient mieux tout souffrir de lui que de le contredire. »

/…/

D’où tire-t-il donc sa puissance? C’est que le corps du peuple est devenu le corps même du tyran:

« Celui qui vous maîtrise tant n’a que deux yeux, n’a que deux mains, n’a qu’un coprs. D’où a-t-il pris tant d’yeux dont il vous épie, si vous ne les lui donnez, s’il ne les tient de vous?
Les pieds dont il foule vos cités, d’où les a-t-il, s’ils ne sont les vôtres? Comment oserait-il vous attaquer si vous n’étiez d’intelligence avec lui? Que pourrait-il faire si vous n’étiez receleurs du larron qui vous pille, complices du meurtrier qui vous tue et traîtres de vous-mêmes? »
Cette complicité tisse un lien de fer dans lequel la loyauté n’a paradoxalement pas de place. Tous, soudés par la compromission se portent au secours d’un être qui est à peine vivant, qui ne s’anime et ne s’excite que dans la destruction. Ainsi de proche en proche s’allume, et se consume – comme « le feu d’un brasier » qui va augmenter et flamber tant qu’il trouvera du bois à brûler -, le transfert de toutes les énergies et de tous les biens au secours de cet un, qui n’aime point mais qui séduit, et s’érige en idole pour exister.

/…/

Je ne veux pas que vous le poussiez ou l’ébranliez, mais seulement que vous ne le souteniez plus et vous le verrez comme un grand colosse à qui on a dérobé la base, de son poids même tomber et se rompre ».

Il faut donc faire un pas de côté, et se guider au miroir de l’Histoire :

« Toujours il s’en trouve quelques uns mieux nés que les autres qui sentent le poids du joug, ne peuvent s’empêcher de le secouer et ne s’habituent jamais à la servitude. Ceux-là ne peuvent oublier leurs droits naturels et le souvenir de leurs prédécesseurs.
Ce sont ceux qui ayant l’entendement net et l’esprit clairvoyant/…/ne se contentent pas de regarder leurs pieds mais se remémorent des choses passées pour juger du temps à venir et pour mesurer des présentes.
Ceux-là, quand la liberté serait entièrement perdue et tout hors du monde, l’imaginent, et la sentent en leur esprit, et encore la savourent; et la servitude ne leur est de goût pour tant bien qu’on l’accoutre. »

Discours de la servitude volontaire. La Boetie

La Boétie avait bien lu Machiavel:

« Et qui devient Seigneur d’une cité accoutumée à vivre libre et ne la détruit point, qu’il s’attende à être détruit par elle, parce qu’elle a toujours pour refuge en ses rébellions, le nom de la liberté et ses vieilles coutumes, lesquelles ni par la longueur du temps, ni par aucun bienfait ne s’oublieront jamais/…/et pour choses qu’on y fasse ou qu’on y pourvoie, si ce n’est d’en chasser et d’en disperser les habitants, ils n’oublient point ce nom ni ces coutumes, et en toute occasion y ont aussitôt recours/…/ La mémoire de leur ancienne liberté ne les laisse, ne peut les laisser en paix, si bien que le plus sûr moyen est de les anéantir ou d’y demeurer ».

Le Prince. Machiavel



Un cadeau qui n’a pas de prix

dsc00210.jpg

Un cadeau qui n'a pas de prix dans Public chéri.... mp3 extrait5.mp3

Mes chers amis,
Avant toute chose, laissez-moi vous dire comme je suis heureuse de vous avoir rencontré cet été au fil des marchés. Votre présence, votre chaleur, votre soutien, votre écoute et toutes vos émotions m’ont enveloppé comme une large et longue étoffe de soie ; douce, fraîche et délicieuse.

Nous avons partagé ces moments insolites et porté ensemble par petites touches une sorte d’onirisme à la juste mesure de la vie joyeuse et colorée de nos marchés.

Je m’en vais vers l’hiver avec un pincement au cœur. Vous allez me manquer. Mais le printemps revenu, nous serons à nouveau en route vers vous pour écrire les nouvelles pages de notre histoire commune, belle, poétique, remplie de sourires, de respect et de surprises rigolotes.

De nombreuses personnes ont donné le meilleur d’elles-mêmes pour qu’il me soit possible de venir vous jouer mes « Danses  de l’Amarrage», mais c’est un réel honneur que vous leur avez rendu en nous témoignant avec autant de générosité votre goût pour ce concert. En leurs noms, je vous adresse ma plus profonde gratitude.

Quant à moi, j’ai vécu grâce à vous cet été ce qu’il peut arriver de plus beau à une artiste. La certitude que son travail est entendu et aimé. La conviction d’être à sa place. Forte de cela, forte de vous, je ne peux perdre courage et c’est un cadeau qui n’a pas de prix.

Nous allons continuer notre bonhomme de chemin, et grâce à votre soutien manifeste, (vous êtes déjà près de trois cents vagues qui accompagnent le vaisseau !!) nous allons poursuivre les concerts cet hiver auprès des populations fragiles ou isolées.

Nous vous donnerons des nouvelles régulières sur nos actions, et je vous inviterai à venir me rejoindre dans les prochains mois sur mon Blog.

En attendant, c’est la gorge serrée que je range mon piano loin des marchés, pour cause d’hiver, jusqu’au printemps prochain….

Si vous avez envie de nous faire intervenir dans un lieu qui vous est cher, n’hésitez pas, écrivez-nous.

Bon courage à tous, très grosse bise et à bientôt

Rachel



Tu es passée

Je suis le tilleul séché de tes yeux, le blé tressé de tes cheveux.
Le lait tiède et cru de ta peau.
Je suis la nuit bleue de tes veines, l’ivoire intact de tes dents,
la plume épaisse de tes cils en demi-lune qui battait.
Je suis le vernis sur tes ongles, les bracelets à tes poignets,
les poésies que j’inventais sur tes miroirs.
Je suis les larmes qui reviennent, le vide que tu es devenue.
Je suis tes baisers, tes grimaces, tes rires, tes rêves d’enfant.
Je suis nos retrouvailles, je suis notre tristesse, je suis nos souvenirs.
Tu es passée.



Le pollen de la discorde

Si tu as 20 minutes à toi, tu peux regarder ça.
Y a des perles que si c’était pas si grave, on s’en taperait le cul par terre en pissant de rire !!!!

Tu découvriras par exemple comment les conseillers ARVATIS expliquent aux agriculteurs que le pollen du maïs ne se déplace pas (ni avec les vents ni avec les abeilles) parce qu’il est trop lourd (!!!!!!!!)
ou comment des hauts fonctionnaires de l’état tentent de rassurer les apiculteurs en leur disant que si les abeilles vont sur le maïs, peut-être bien que c’est juste pour faire les andouilles et qu’elle n’en consomment rien (!!!!!!!).

Si si, je te jure, c’est dans la vraie vie et c’est aujourd’hui. Mamma mia……

http://www.blip.tv/file/347281/



1...1011121314

djurdjura |
MARINE NATIONALE EN INDO |
last0day |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | ECRIVAIN PUBLIC, ZAZ ET PLUS
| Corsica All Stars [CAS]
| _*MoN DeLiRe A mWa !!!*_